Garbage of Paris

GARBAGE MANIFESTO

Avant d'exposer brièvement, laconiquement et simplement mes conclusions sur la justification générale de ce que le déchet représente de si particulier, j'aimerais apporter d'emblée quelques précisions importantes...

Before I offer a brief, concise, and simple justification of what makes "trash" so special, I would like to make a few important clarifications. First, this “manifesto” is more of a mockery of the format and genre itself...

Rien n’est plus triste qu’un déchet solitaire : un morceau de papier abandonné, une bouteille vide sur une rue silencieuse, ou un mégot tordu écrasé contre une rambarde. À l’image des hommes, les déchets tendent vers les déchets, comme l’être humain aspire parfois à rentrer chez lui.

Et lorsque je parle de maison, je parle de la maison au sens large. Le déchet semble atteindre ce calme désiré, cette apparence apaisée, lorsqu’il se rassemble avec d’autres.

Il n’est pas difficile de deviner pourquoi ce sont les poubelles qui m’intéressent, plutôt que les objets isolés. Dans cet élan esthétique se cache une impulsion intime, une nostalgie du foyer si profonde que j’en perçois l’éclat jusque dans des choses aussi étranges, en apparence répugnantes, qu’un conteneur à ordures.

Il y a dans le déchet quelque chose de touchant, lié à ce rêve idéaliste.

Nous trouvons rarement une masse informe de détritus. Emballages, fragments, restes — tous, tournoyant autour de leur propre axe, trouvent refuge parmi des objets à la fois semblables et différents.

Quel dommage que l’être humain ne puisse trouver une telle demeure. Ne pas être un emballage de chips errant, poussé par le vent ; ne pas devenir maison en se confondant avec elle dans l’ennui mortel des fondations et des murs silencieux — mais être chez soi.